« Journée Internationale aux Droits des Femmes »
et non « Journée de la Femme » comme on l’entend sans cesse !
Un 8 mars pour confirmer une pause sur ce blog, une longue pause probablement. Cela fait déjà plusieurs mois maintenant que mon envie d’écrire s’effrite sur ma fureur militante et politique. Ma créativité est limitée à un environnement trop personnel à mon goût et n’étant plus dans le ton qui était le mien, je préfère laisser passer la vague...
Un peu de regret car mon engagement que je souhaitais féministe sur la blogosphère se mènera finalement sans moi…ou de très loin. Je signale l’initiative de Vendredi qui sort un numéro spécial sur les blogs féministes, le collectif formé par quelques-unes des auteures de blogs cités ci-contre, et les excellentes initiatives pour tenter de faire évoluer les mentalités en matière d’avancée des droits des femmes…
Eh oui je n’en serai pas, merci Hypos, Olympe, CC, de m’avoir permis de vous « rencontrer », de voir combien de femmes intelligentes fréquentent quotidiennement les pages du web pour échanger, construire et partager. Bonne chance et je le souhaite vivement, à très bientôt…
Un premier 8 Mars hors du mandat municipal, et le sentiment vraiment confirmé d'une libération. Ce qui me manque plutôt c'est de vivre les choses avec les gens, dans leur quotidien, et le
partager avec les copines des associations. mais Mon temps reviendra vite !
Depuis ma reprise en janvier, j’ai testé l’organisation d’un temps plein professionnel aménagé sur 4 jours pour l’instant, sur grande intelligence de ma direction, avec celui d’un temps plus que
plein, de mère de famille de trois enfants de 6 mois à 3,5 ans.
Avec deux mois de recul, je peux dire que je commence à sortir, un tout petit peu, la tête de l’eau, ou plutôt que je n’ai plus envie de couler, même si parfois encore la partie immergée de l’iceberg a du mal à le rester…
Nos adorables petites têtes de blonde à brune nous font vivre des journées de plus de 24 heures, des semaines de 14 jours et surtout des nuits de 3 heures !!! Enfin le rythme commence à s’installer, il nous manque l’air pur « anti-bronchiolite », et la lumière du soleil enfin un petit peu, pour pouvoir profiter pleinement de ces moments de bonheur et de rires.
Je voulais revenir sur la reprise du boulot.
Je la pressentais douloureuse et la craignais.
Pour la première fois je me suis trouvée en proie à mes contradictions. Femme libre, indépendante, je souhaitais une situation professionnelle qui me permette quelle que soit ma situation familiale, de vivre confortablement et pouvoir faire des choix. Je ne pensais pas qu’elle se retournerait alors contre la mère de famille, et contre le choix que j’aurais souhaité faire : celui de prendre une année de congé parental…
Alors je me suis persuadée du bien-fondé de la reprise du travail en janvier…
En rentrant des choses avaient changé, et moi j’avais sans doute aussi changé. Colin, « mon petit dernier »
m’avait vraiment révélée mère et je n’arrivais pas à me séparer de lui, et des deux autres dont je profitais pleinement depuis plusieurs mois. Enfin j’avais pris du temps pour eux, pour
nous : les regarder grandir, découvrir, apprendre et jouer.
Les journées avaient repris alors un autre rythme : les bouchons de la route matin ou soir, les sollicitations permanentes au travail, le stress de la journée écoulée et du travail non
terminé au moment de partir, la course pour récupérer l’un à la garderie, les autres à la crèche, le repas, le bain, les médicaments, et tout de suite après le coucher des enfants, puis la fin de
ma journée de travail avec l’étude de mes dossiers lorsque le calme est revenu dans la soirée…Pas de temps pour moi, pas de temps pour nous deux, pour l’instant.
Le mercredi rupture familiale, rupture du travail, rythme anarchique où de la maison je tente de tout conjuguer.
Mais surtout…dans ce qui avait changé…le regard du « professionnel » sur ma vie de mère, le souci de me soulager d’une charge de travail, sans en échanger avec moi sur une nouvelle organisation à définir, et l’impression d’un abandon forcé…Sans nul doute une attention sincère…Pour moi un sentiment de punition sur mon absence puis mon retour, différente, dans cette période si douloureuse de conjugaison de la vie familiale, vie domestique, et vie professionnelle…Avec le recul, je pressens des incompréhensions, des visions différentes. Ce qui s’appelle alors en réalité « discrimination », puisqu’il s’agit bien d’un transfert de mes responsabilités sur un domaine, à mes dépens, au retour de mon congé maternité, ne peut se comprendre comme tel pour d’autres. Alors j’accuse le coup, je tâche de comprendre, j’excuse puis j’accepte. Le temps est bon conseiller, les autres sont intelligents et compréhensifs. Au final tout le monde y trouve son compte…oui ou presque. Il me reste la blessure de l’animal surpris et trahi…
Si je raconte cet épisode c’est parce qu’il m’a fait grandir encore un peu, et apprendre, en « droits des femmes ». Leçon de vie, leçon de femme. Et c’est pourtant par vous les hommes, que nous continuerons à grandir, en pénétrant la compréhension de nos univers, en échangeant nos ressentis.
Samedi prochain, je passe la sélection à la formation du CAFDES (Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Direction
d’Etablissement Social ou d’Intervention de Service Social). Si je suis sélectionnée, j’entamerai pour 2,5 ans cette formation, en parallèle de mon temps de travail, à partir du mois de Mai.
C’est une opportunité qui s’avèrera forcément riche dans mon expérimentation là aussi de la fonction de direction en tant que femme. J’aurai des choses à écrire, évidemment.
Enfin, un joyeux anniversaire à Cyrille !
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et Marc là dedans tu n'en parles pas ?
Merci pour tes encouragements. Je reprendrai quand j’en ressentirai de nouveau la « pêche ». A propos de Marc, tu as raison bien qu’il soit « sous-entendu » dans presque tout ce qui est écrit, le « nous » en témoigne. Je crois pouvoir dire qu’on peut calquer une partie de mes propos, notamment dans la charge d’éducation.
C’était bien un projet de couple que d’avoir des enfants rapprochés et donc de s’en occuper tous les deux pour pouvoir mener de front la vie professionnelle.
Pourtant, même avec un féministe, la charge n’est pas tout à fait équitable…Moi j’ai un temps plein et des responsabilités professionnelles, que je mène donc sur 4 jours pour pouvoir être avec toute la famille le mercredi, tandis que marc a pris un 80%, il est donc libéré de sa charge le mercredi. Et étant donné que je culpabilise tout le temps de ne pas être suffisamment disponible, j’en fais toujours deux fois plus !!! Lui culpabilise moins de prendre du temps pour le tennis, ou pour blogguer quotidiennement par exemple. Il a raison et a profité aussi de la brèche que j’ai moi-même ouverte ! Enfin nous partageons ces sentiments et les difficultés que chacun peut ressentir dans cette appréhension du temps de la vie quotidienne, c’est important. Je me suis aussi rendue compte que nous étions de toute façon très seul-e dans la gestion de nos émotions de parent. Nous n’avançons pas au même rythme, j’ai eu 7,5 mois de plus que lui, avec les enfants à temps plein. Ça a créé des liens d’attachement sans doute plus fort surtout avec le petit dernier. Marc méconnait Colin et lui consacre de fait beaucoup moins de temps, même s’il se sent « parent ». et puis le petit troisième a un côté « répétition » surtout dans la gestion difficile des nuits, qu’il a en ce moment un peu de mal à supporter :-). Je prends donc un peu le relais en attendant le démarrage de la formation, qu’il me pousse à entreprendre dès cette année alors que je la planifiais pour l’année prochaine. De toute façon rien de tout cela ne serait possible pour chacun d’entre nous si l’autre ne partageait pas la même vision, et quand je ne parle pas de lui, c’est parce qu’il est souvent « un peu de moi »… !
après les enfants grandissent et c'est autre chose.
gros problème pour les femmes la culpabilité ! je pense que c'est très partagé et que ce serait une bonne chose d'arriver à s'en débarasser (je n'y suis pas arrivée)
Bravo pour ce nouvel engagement et bonne chance pour la semaine prochaine...
Garde ta pêche Marianne, tu es un exemple pour nous, de femme parvenant à mener de front avec ses embuches, sa vie de mère, d'épouse et de working girl.
Continue, n'arrête jamais d'imaginer des lendemains moins austères, rêve de futile, pense aux autres, crée pour toi pour tes enfants pour ton mari.
C'est la vie et ses aléas qui nous passionnent, qui nous fait avancer...
Nous serons toujours là pour te (vous) supporter
avec ou sans blog...
Je crosi que pour la culpabilité il nous faut apprendre à vivre avec et à la "gérer". Hum...
@David : merci...Ton (votre) mot me touche beaucoup, et au moins dans cette pause, je privilégie l'amitié...bises affectueuses.
A bientôt
Bon courage à tous les deux et pensées affectueuses pour toute votre belle famille.
Vu d'une génération précédente, le progrès viendra quand la "culpabilité" disparaîtra : c'est que toute la société se sera organisée autrement. Quand elle aura compris ce que lui rapporterait cet investissement (on commence à le voir avec "la Crise").
D'où la nécessité, décidément, de la parité en politique.
À Marianne et Marc : bravo et courage. Ce sont les années les plus dures, mais quand il y a l'amour...